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 Les Chroniques de Kat'Lyn

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Héliodore
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MessageSujet: Les Chroniques de Kat'Lyn   Mer 9 Déc 2015 - 16:25

Hello,
je lis énormément et à un moment, forcément, je me suis essayé à l'écriture.
Sur le forum de la guilde où j'étais avant d'intégrer la CDB, j'ai laissé pas mal de textes sur Héliodore et la Terre du Milieu. Si vous êtes curieux, je peux vous donner les liens. Wink
Mais depuis je suis passé à Final Fantasy et se sont les déboires de Kat'Lyn qui m'inspirent...
Bonne lecture.

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 Kat'Lyn arrête son chocobo devant la vieille masure. Dans la gorge qui l'a menée jusqu'ici, le raffut des galagos s'estompe. Elle sourit à cette astucieuse façon de prévenir l'occupant des lieux de l'arrivée imminente d'un visiteur. Avec la fraîcheur de cette fin de journée, la vapeur issue des sources chaudes voisines donne à l'endroit une atmosphère singulière et le bord de la falaise toute proche disparaît presque dans la brume.
 Dès sa découverte, il y a bien longtemps, la Miqo'te était tombée sous le charme du lieu. La vue sur la Noscea depuis le grand bassins était vertigineuse, la température de l'eau divine. Et cette sensation étrange qui lui chatouillait les sens, elle l'avait rapidement attribuée à l'influence éthérique des vestiges de la citée flottante de Nym toute proche. Au fur et à mesure de ses visites, son amitié avec l'unique habitant des lieux grandissante, elle y prêtait de moins en moins attention. Il faut dire que les discussions animées qu'elle a parfois avec ce puits de savoir lui permet facilement de mettre en sourdine les signaux bizarres qu'elle perçoit.

 Elle descend de sa monture et se dirige tranquillement vers la porte de la masure de l'ermite. Habituée à le voir souvent l'attendre sur le seuil une tasse de thé à la main, la Miqo'te est un peu surprise ce soir de ne voir personne l'accueillir. C'est vrai qu'il lui arrive de s'absenter quelques jours, se sermonne-t-elle. Et il ne ferme jamais en plus !
 Un peu déçue tout de même de ne pas pouvoir le saluer, elle ouvre sans hésitation la porte et entre.

 La lumière déclinante du dehors la presse tout d'abord à allumer la lampe à huile la plus proche, repoussant un peu plus loin dans la pièce l'obscurité naissante. Les autres lampes de la demeure sont également rapidement mises à contribution, révélant progressivement cet intérieur qu'elle a appris à connaître.
 Dans les bibliothèques déjà bien pleines, elle repère des ouvrages qui n'étaient pas présent à son précédent passage. Les sujets sont variés et souvent d'un niveau très élevé. Près du télescope, elle parcourt les notes d'une récente observation du ciel. Cette zone l'intrigue beaucoup apparemment.
 Parmi les papiers jonchant la grande table Kat'Lyn recherche un indice sur l'endroit où se serait rendu son ami et surtout depuis quand il a quitté son logis. Mais elle ne trouve rien. Le reste de la masure ne lui en apprend pas plus. On ne peut dire si l'absence dure depuis quelques heures ou quelques jours : les vivres sont encore frais, pas même un grain de poussière ne traîne.
 Cela lui rappelle la réflexion qu'elle s'était faite à l'une de ses premières visites : Pourquoi l'air à l'intérieur est-il si sec par rapport à l'extérieur ? Et surtout comment ? Elle avait déduit que la présence de tous ces livres le justifiait, et qu'un mystérieux artefact devait y pourvoir. Mais quand elle avait osé lui poser la question et réclamé voir le dit objet, un sourire avait animé les traits de l'ermite qui avait énigmatiquement répondu : « Un jour la réponse t'apparaîtra, curieuse Kat'Lyn... Mais pas aujourd'hui !»
 Encore jeune à cette époque, elle avait été vexée de ce refus. Et était revenue à la charge à de nombreuses reprises lors des visites suivantes. La jeune archère avait même une fois essayé de le provoquer en ouvrant en grand toutes les fenêtres de la maison. Mais le sage avait tenu bon et n'avait jusqu'alors jamais livré son secret.
 La Miqo'te sourit à nouveau à ces souvenirs. Comme elle pouvait être susceptible, impatiente et têtue à cette époque... Elle reconnaît qu'à son contact s'être un peu améliorée depuis.  

 Depuis sa dernière visite, de nombreuses lunes ont parcouru le ciel d'Eorzéa. Après les récents événements en Ishgard, elle a ressenti le besoin de revenir ici. A de nombreuses reprises, discuter avec le vieil Hyur lui a permis de voir sous un angle différent des problèmes qui la préoccupaient alors, lui permettant d'y trouver une réponse. Bien que retiré du monde il reste étonnamment très bien informé. Et son analyse se révèle souvent très proche de la réalité.
 Encore aujourd'hui, elle a besoin de la sagesse du vieil érudit et sont absence lui pèse.

 Des sifflements plaintifs au dehors lui rappelle que sa monture n'a toujours pas été bouchonnée et réclame d'urgence des soins. Kat'Lyn la rejoint rapidement et retire le harnais, la selle et les sacs qui s'y trouvent encore attachés au plus grand plaisir de l'imposant volatil.
- Vraiment désolé Kui ! Le voyage a été trrrès long, et je pense que de nous deux, tu ne dois pas être  le moins fatigué !
 La Miqo'te caresse tendrement la grosse tête qui s'est posée sur son épaule. Dans l'œil mi-clos tout proche, elle peut lire toute l'amitié et la reconnaissance que lui témoigne son compagnon ailé.
- Tu as bien merrrité de profiter des sources avant moi. Aller mon grand ! Et ne fait pas trop le fou, je n'ai pas envie que les galagos recommencent leur tapage !
 Elle regarde son chocobo se diriger en se dandinant vers le bassin le plus proche. Il gazouille de plaisir en entrant dans l'eau et commence ses ablutions toutes chocobesques.
 
 Une fois les lanternes extérieurs allumés, Kat'Lyn retourne dans la masure se dévêtir. Quelques minutes après, une grande serviette couvrant sa nudité, elle gagne le bassin qu'elle affectionne et pénètre dans l'eau fumante.
- Huumm ! Cette chaleurrr est divine ! Dit-elle en ronronnant de plaisir. Ce long voyage m'a vrrraiment épuisée.
 Au fur et à mesure que ses muscles se détendent, la Miqo'te sent une douce torpeur l'envahir. La vapeur s'accumulant, sa vision des alentours devient moins nette et les sons plus diffus. Elle entend à peine les ébats de sa monture pourtant proche. Elle sombre lentement dans un sommeil profond et se met à rêver.

 Sur la côte d'un pays lointain, dans un port où règne une intense activité, de majestueux vaisseaux attendent leur départ vers l'horizon. Depuis un entrepôt à l'architecture inhabituelle, des Élézens curieusement vêtus assurent avec diligence le chargement du navire le plus proche.
 Assise sur le bord du quai, apparemment étrangère à toute l'agitation autour d'elle, une jeune femme pas plus grande qu'un Lalaffell chante, s'accompagnant d'une harpe. Elle se balance au grès de la mélodie et sa douce voix couvre à peine le vacarme ambiant.  
 Peu à peu le va-et-vient autour de l’embarcation se calme et quelqu'un s'approche de la musicienne solitaire. Profitant d'un silence entre deux chants il l'interpelle :
- Veuillez me pardonner, mais nos préparatifs seront bientôt achevés. Si vous le souhaitez, vous êtes autorisée à nous accompagner. Le marin aide la jeune femme à se relever et attend patiemment qu'elle range la harpe dans son étui.
- Je vous remercie de la proposition mais, je se suis pas encore prête à faire la traversée. Répond-elle enfin, levant a tête. Toutefois je suis extrêmement flattée que cela me soit proposé. Elle s'incline respectueusement et ajoute gravement : Il me reste encore ici des tâches à accomplir.
Tournant la tête, la jeune femme regarde un instant le superbe navire qui semble n'attendre qu'un ordre pour larguer les amarres. Je voulais seulement assister à votre départ, murmure-t-elle.
- Comme je vous le dit, ce serait un grand honneur de vous accueillir parmi nous. L'Élézens s'incline à sont tour. Seulement hâtez-vous, il ne reste désormais plus beaucoup de navire en partance. Si vous tardez trop, il vous sera impossible de nous rejoindre une fois votre décision prise. Cette perspective semble l'attrister.
- Je vous remercie une fois de plus d'insister, mais je dois avant tout tenir mes engagements. Faites bon voyage, je suis persuadée que nous nous reverront. Après une accolade chaleureuse ils se séparent.

 Peu de temps après le navire appareille, laissant sur le quai la jeune femme le regarder s'éloigner avec envie. Après sa disparition de l'horizon, elle tourne le dos à l'océan et s'en va, pieds nus, d'un pas résolu. Nulles bottes, nulles chaussures ne se trouvent à proximité de là où elle se tenait tantôt, et pourtant elle semble en aucune mesure importunée par leurs absences...


 Une exclamation réveille Kat'Lyn en sursaut.

- Enfin chez-soit ! C'est bien la dernière fois que j'écoute un de ces maudits Kobold de la clique de ce satané 789ème Ordre ! Endroit important qu'il disait, Grmbl ! Nous n'avons visiblement pas la même conception de ce qui est important !
 L'esprit encore embrumé par son rêve étrange, elle n'a malgré tout aucune difficulté à reconnaître la voix passablement énervée de l’ermite qui rentre. Sortant de l'eau, elle se porte tranquillement à sa rencontre.

 Surpris de voir surgir de la brume devant lui une Miqo'te toute ruisselante, l'érudit la reconnaissant sourit largement .
- Kat'Lyn ! Ta visite réchauffe mon vieux cœur, cela fait longtemps que tu n'es pas venu me voir. Mais rentre vite avant d'attraper froid ! Le sage la laisse le précéder, non sans noter au passage les courbes gracieuse de son invité que la serviette trempée souligne.
- Vous croyez que je ne sent pas votre regard lubrrrique posé sur moi ? Plaisante Kat'Lyn. Si je n'avais pas bêtement oublié de sortir le paravent, vous n'aurirrez pas ce plaisir. Trop heureuse de sentir pour une fois son mentor troublé, elle s'arrête au beau milieu de la pièce et attend les mains sur les hanches. Une petite flaque se formant lentement à ses pieds.
 La voir plantée ainsi dans la lumière le sage en reste coi quelques instants. Puis, reprenant contenance, il va chercher une serviette sèche et un paravent qu'il déploie rapidement autour d'elle.
 Pendant quelques minutes, seul le froufroutement des vêtements que l'on enfilent vient troubler le silence qui s'est établit entre eux.
- Tu as bien changée depuis ta dernière visite Kat'Lyn. dit-il en lui passant la dernière pièce de son équipement. Je suppose que ton séjour en Ishgard n'y est pas étranger ?
- Comment diable faites-vous pour tout savoir ? s'énerve-t-elle en bouclant sa ceinture. Quand vous n'êtes pas en train de dévorer des livres ou de vadrouiller en Noscea, passez-vous tout votre temps à marrriner dans ces sources ? Elle sort enfin de derrière le paravent et va s’asseoir à la table, les yeux dans le vague.
- Que veux-tu dire par là ? Le vieil Hyur est intrigué. Il la rejoint après avoir rangé un peu la pièce.
- Je viens de faire un rêve très étrange pendant que j'étais dans l'eau. Il semblait étonnamment réel mais vrrraiment différent d'un écho. Plus elle tente de se le remémorer, moins elle y arrive. Mais le sentiment qu'il est important perdure. Ce n'est ni l'un ni l'autre.
- Oh, oh ! Voilà qui est intéressant. L'ermite la regarde intensément. Veux-tu boire un peu de thé ? Il t’aidera peut être à y voir un peu plus clair…
- Oui, volontiers.
 
 Laissant Kat'Lyn perdue dans ses pensées et pendant que l'eau commence a chauffer, l'érudit, un léger sourire aux lèvres, prépare tranquillement la théière.
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MatJack
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Kat'Lyn   Lun 21 Déc 2015 - 3:42

Très intéressant et vraiment bien écrit ! J'attend la suite avec impatience Very Happy

_____________________________________________
La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe...mais le plomb du fusil, oui !!
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Héliodore
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Kat'Lyn   Jeu 17 Mar 2016 - 18:23

Hello, ce premier texte n'était pas censé avoir de suite mais, comme certains d'entre vous l'on réclamé, j'y ai pas mal réfléchi. J'espère que vous me pardonnerez le retard et apprécierez ce qui va suivre. Wink

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  L'érudit déposa sans un mot la théière fumante et les tasses devant Kat'Lyn toujours plongée dans ses pensées. Après les avoir remplis, il attendit patiemment que l'arôme du breuvage se répande et ramène la jeune Miqo'te dans la même pièce que lui.
 « Hum… L'odeur de ce thé est currrieuse », dit-elle sortant de son mutisme. Elle se saisit de la tasse la plus proche, la porta à ses lèvres, prit un instant pour en apprécier l'arôme particulier, et en but lentement une gorgée.
 « C'est un mélange spécial de mon invention, répondit malicieusement le vieil Hyur. Certains jours, quand j'ai l'esprit un peu embrumé, il aide mes idées à ne pas se perdre en chemin. » Tout en souriant il répondit par un clin d’œil à la moue dubitative de la barde. Finalement pas rebutée par le goût, elle termina sa tasse et laissa son mentor la lui remplir à nouveau. Une fois fait, il demanda :
 « J'aimerai que tu me racontes ce qu'il t'es arrivée depuis ta dernière visite. Ainsi que les derniers potins d'Eorzea.
 - Comme si vous ne le saviez pas déjà... » Murmura-t-elle, mi-figue mi-raisin.

  Kat'Lyn s'exécuta néanmoins et, durant plusieurs heures, seule sa voix troubla la quiétude nocturne de la maison. Des détails jusqu'alors oubliés refaisaient surface de plus en plus facilement. L'érudit écoutait poliment, prenait des notes, posait des questions, et semblait attendre quelque chose. Il avait à plusieurs reprises remplis la tasse de Kat’Lyn mais n’avait pas une fois touché à la sienne.
  Vers le milieu de la nuit la Miqo'te fit une pose pour voir ce que devenait son Chocobo et le rentrer dans l’appentis prévu à cet effet. Une nouvelle tasse fumante l'attendait à son retour.
  « Vous ne chercherrriez pas à me noyer des fois ? », plaisanta-t-elle portant pour la énième fois la délicate céramique à ses lèvres. Elle interrompit soudain son geste. « Je me rappelle !
  - Ah ! » Visiblement soulagé, le vieil Hyur fit rapidement disparaître la théière et les tasses devenues inutiles. Il se saisit d'une nouvelle feuille et écouta avec une grande attention cette fois le récit du rêve qu'elle avait fait tantôt.
 
   Celui-ci achevé, il s'accorda quelques minutes pour en relire la transcription qu'il venait de réaliser, sous le regard interrogateur de son invitée.
  « Vraiment très étrange, grommela-t-il. Qu'est-ce qui te fait croire que ce n'est pas qu'un rêve ? » Levant les yeux de ses notes, l'érudit la regarda intensément.
  « Vous m’avez appris que les rêves sont formés à partir d’éléments que l’on a vu ou vécu récemment, que c’est notre inconscient qui s’en charge afin de trier les informations dans notre mémoire. Au réveil, on peut aisément déterrrminer les éléments réels autour desquels on a brodé la fantasmagorie du rêve, récita Kat'Lyn.
  - Oui, tu as bien retenu la leçon, confirma avec une certaine fierté son mentor.
  - Or, je ne reconnais ici rien de tel ! Dit-elle catégorique.
  - Hum… Ce n’est pas évident mais… » Le vieil Hyur n’eut pas le loisir de continuer.
  - Et quand vous rêvez, inconsciemment vous vous en doutez, non ?
  - Heu… Oui, plus ou moins mais… » Une nouvelle fois la barde lui coupa la parole.
  - Je peux vous affirmer, que pour mon inconscient, je ne rêvais pas ! »
  Cette fois, son interlocuteur ne trouva rien à objecter. Il montrait des signes de nervosité et essaya une autre approche.
  « Si ce n’est un rêve, ce doit être un écho alors. » Curieusement sa déduction manquait un peu de conviction. Kat’Lyn qui attendait justement que l’on aborde le sujet embraya aussitôt.
  « Lors de la manifestation d'un écho, on assiste en spectateur à un événement passé. On ne peux que voir et entendre, aucune possibilité d’agir. Et personne n’a conscience de notre présence étrrrangère à la scène, expliqua-t-elle.
  - Mais, n'est-ce pas justement le cas ici ? », demanda timidement l’érudit. La Miqo'te attendit quelques instants avant de répondre.
  « Non, et c’est bien ça le problème. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l’intime conviction que j’étais réellement présente et... Que j’étais cette personne. » Sous le regard ahuri de son mentor elle continua précipitamment. « Les bruits, les odeurs du port, la chaleur du bois du quai sous mes pieds, les sentiments qui me traverrrsaient pendant que je jouais de la harpe. Une foultitude de petits détails et sensations me reviennent à présent en mémoire prouvant que...
  - Mais c’est impossible !» Explosa brutalement le vieil Hyur avant de poursuivre. « Tu ne me feras pas croire que tu puisses être cette autre personne !  Je n’ai jamais rien entendu de tel ! » Les sourcils froncés, il semblait avoir beaucoup de mal à accepter les dires de la barde.
  « À ce moment là mon corps était peut être différent mais j'étais bien cette jeune femme, soutint-elle. Et je désirais du plus profond de mon être embarquer et parrrtir avec eux. Mais un sentiment tout aussi profond de travail inachevé m'en empêchait. » Inexplicablement elle sentit son cœur se serrer.
  « Peuh ! Ce que tu me dis est ridicule ! Cela ne peut être qu’un rêve exprimant les peurs et les doutes de ton inconscient. Si tu viens me voir c'est bien pour que je t’aide à y voir plus clair, non ? » L'agitation et la moue dubitative du vieil érudit choqua quelque peu Kat'Lyn.
  « C'est vrrrai, je l'avoue. Mais mon instinct me hurle que ceci précisément n’est-pas-un-rêve ! »
  A cet instant, ce qu'elle vit pour la première fois dans le regard de son hôte l'effraya et l’empêcha de continuer. Le vieil Hyur dû s'en rendre compte car il s’efforça de retrouver tant bien que mal l'état de calme confient qu'elle lui connaissait bien. Finalement, au bout de quelques minutes, il lui annonça un demi sourire aux lèvres :
  « Je suis vraiment navré mais je ne m’étais pas rendu compte qu'il était si tard, et le temps que m’a fait perdre tantôt ce maudit Kobold m’agace encore. Après un si long voyage tu dois être exténuée et ne dois avoir qu’une envie : te reposer. Quel ingrat je fais de t’avoir imposé cette discussion.»
  Sans lui laisser le temps de répondre, il se leva et alla lui préparer un couchage.

  Le reste de la nuit, elle dormit très mal. Les effets du thé maintenaient son esprit en ébullition. Elle fit de nombreux rêves, authentiques ceux là. Peu avant l'aube, elle se réveilla en sursaut mais n'eut cette fois aucune envie de se rendormir bien que, physiquement, elle en ressentait encore le besoin. Elle se leva donc et trouva son mentor affalé sur son bureau en train de ronfler, de vieux livres ouverts autour de lui. Elle couvrit d'une couverture les épaules du paisible dormeur et sorti discrètement dans la fraîcheur du jour naissant, une autre couverture sur les siennes.
  Repensant à ce qui l'avait réveillée, elle s’assit sur un rocher pour y réfléchir, attendant que les rayons du soleil levant veuillent bien l'atteindre et réchauffer son corps las.
  Elle resta un long moment à se délecter de la chaleur de l’astre solaire sur sa peau et en ronronnait de plaisir. Autour d'elle, les animaux diurnes avaient repris leurs activités et saluaient bruyamment la venue de cette nouvelle journée.
  Après avoir suffisamment profité de son bain de soleil matinal, Kat'lyn s’étira longuement et retourna, la faim au ventre, vers la masure. Elle fit un crochet par l’appentis pour y nourrir sa monture tout aussi affamée et la relâcher. En rentrant, elle découvrit son mentor affairé à préparer le petit déjeuner.
  « Ah, Kat’Lyn. Pas trop mal dormi ? » Questionna-t-il réprimant à grand peine un bâillement.
  - Si ! Votre tisane ferait passer le plus fort des cafés pour du lait d’étagne, rétorqua-t-elle avec un sourire narquois. Mais je peux vous assurer que presque tous les rêves que j’ai fait en étaient.
  - Presque ? » Le froncement de sourcils du vieil Hyur crispa légèrement la Miqo’te qui se remémora les événements de la nuit passée.
  « Oui. Juste avant l’aube, j’ai de nouveau vu quelque chose de très étrange », annonça-t-elle lentement.
 Poussant un soupir l’érudit alla chercher de quoi noter et attendit, avec résignation semble-il, qu’elle veuille bien encore tout lui raconter.

  A nouveau la voix de la barde s’éleva dans la pièce, couvrant à peine le crissement de la plume sur le papier de son auditeur captif.


  « Je suis en train de traverser une salle gigantesque. Le plafond, soutenu par des colonnes colossales, est à une hauteur verrrtigineuse, à peine visible. Tout est en pierre, entièrement recouvert de frises et orné de statues. On ne distingue aucune maçonneries, comme si tout était taillé d’une seule pièce. Les torches et braseros qui servent à éclairrrer l’endroit apportent également un peu de chaleur à ce décors minéral.

  Dans cette salle immense j’entends à peine le flic-flac de mes pies nus sur la pierre. Il y a peu d’activité autour de moi, je prrresse le pas.

  Il est vraiment difficile de se rendre compte de la taille d’un endroit autrement que par rapport à celle de ses occupants. Tous ceux que je croise, et qui me saluent au passage, ne me dépassent gère. Ils sont équipés pour la plupart de lourdes armures et portent d’énorrrmes marteaux ou des haches, parfois plus grandes qu’eux. Un détail est vraiment curieux : ils arborent tous de très longues barbes tressés. »


  A ce moment du récit la barde fit une pause pour laisser le temps à son mentor de rattraper son retard dans ses notes. D’un signe de la tête il lui confirma qu’elle pouvait continuer.

  « Au bout de la salle, j’arrive à une porte monumentale avec seulement une poignée de gardes en faction. Après quelques banalités, l’un d’eux me souhaite d’une voie bourrue un bon voyage avant que je ne franchisse les énorrrmes ventaux de pierre.

  La chaleur du dehors contraste vraiment avec la fraîcheur que je viens de quitter. Après que mes yeux se soient accoutumés à la clarté du jour, je me retourne et contemple l’ouverture dans la montagne d’où je suis sorrrtie. Pendant que je détaille les gigantesques bas reliefs et statues qui en décorent la parois, je sens mon corps se détendre peu à peu. La tension constante qui règne à l’intérrrieur m’a éprouvée.

  Je reprends finalement ma route et, alors que je me dirige vers une vaste forêt en contrebas, un cri lancé dans mon dos me fait me retourrrner à nouveau. C’est à ce moment là que je me suis réveillée. »


  Kat’Lyn patienta quelques instants que l’érudit finisse d’écrire et qu’il lui pose la question fatidique.
  « Un cri ? Quoi donc ?
  - Quelqu’un à crié : Héliodore ! Lâcha-t-elle rapidement.
  - Le minéral ? » Haussant un sourcil son mentor nota néanmoins scrupuleusement l’information et attendit que la Miqo’te poursuive.
  « Sans doute. Mais mon cœur a fait un bond en l’entendant. L’instant d’après je me retrouvais couchée en train de regarder le plafond, tôt ce matin. » Elle se tut, attendant légèrement inquiète le verdict de son interlocuteur.
  « Hum… Curieux... Si tu le veux bien, je vais te demander de rester encore quelques jours. Le temps de faire des recherches… » Le vieil Hyur faisait la grimace en se relisant.

  Soulagée de ne pas avoir à répondre de suite à de nouvelles questions, Kat’Lyn accepta et attaqua son petit déjeuner avec entrain car grande était ça faim. Elle n’osait encore dévoiler à son ami le fruit de ses propres réflexions sur ce dernier point : Héliodore devait être un prénom. Et le plus dingue : il pourrait bien être… Le sien.

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Ah, ah ! C'est encore loin d'être fini ! study
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Lya
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Kat'Lyn   Jeu 21 Avr 2016 - 10:47

La suite, la suite, la suite Smile
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Héliodore
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Kat'Lyn   Jeu 30 Nov 2017 - 20:58

Noël arrive et je vais vous faire un "gros" cadeau un peu avant l'heure. santa
Certains ne l'attendait plus, et j'avoue que, moi non plus.
Je vous passe les détails : manque d'inspiration, pas de bonne idées, pas le temps ou la tête à m'y mettre, etc... Et ça a duré longtemps. scratch
Puis un jour, une idée arrive et tout s'emballe !

Précision : ce récit se déroule avant la version 3.5 de Heavensward, veuillez me pardonner s'il existe des incohérences par rapport à ce qu'il advient ensuite dans l'histoire du jeu. Embarassed


Voici le pavé et, promis, je mettrai moins de temps pour sortir la suite (et fin ?) Wink

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  Le petit déjeuner expédié, après un si long voyage, la préoccupation première de Kat’Lyn fut sa remise en forme ainsi que celle de son chocobo. Elle constata avec plaisir qu’une seule nuit de repos avait suffi à sa monture à la rendre fraîche et dispos.
— Ta maîtresse va avoir besoin de bien plus qu’une nuit dans un bon lit pour retrouver la forrrme, soupira-telle. Et je doute que tes rêves soient aussi étranges que les miens, plaisanta-t-elle en caressant la tête du gros volatile qui en roucoula d’aise.
  Son mentor était déjà plongé dans ses recherches aussi, après avoir laissé un mot sur la table, elle se rendit au Lac d’Airain afin de faire quelques emplettes et remettre au Mog postier du courrier. Elle en profita également pour utiliser les installations thermales : bains, salon de massage, manucure, etc. Tous ces soins lui firent un bien immense et ce n’est que tard dans la soirée qu’elle rentra en pleine forme chez l’érudit.
  Ce dernier n’était pas satisfait du maigre résultat de sa journée. Mais il ne désespérait pas d’exhumer de toute la connaissance accumulée autour de lui l’explication qui convenait. Leurs discussions pendant et après le repas du soir furent animées et ils ne tardèrent pas à aller se coucher. L’un avec l’espoir que la nuit lui porte conseil, l’autre avec celui de dormir normalement.

  C’est donc, elle avec soulagement et lui avec déception, qu’ils s’aperçurent au matin suivant que rien de notable ne s’était produit durant la nuit. Le vieil Hyur expédia le petit déjeuner et retourna un peu bougon à son étude. Kat’Lyn ne voyait toujours pas comment présenter à son mentor ce que son intuition lui soufflait, elle décida une nouvelle fois de passer la journée un peu à l’écart de la maison et de son studieux propriétaire. Elle alla voir la tribu Kobolds amicale établie non loin de là, sachant qu’ils sauraient trouver comment largement remplir son emploi du temps de la journée.

  Le soleil était bas sur l’horizon quand une Miqo’te pas mécontente d’elle rentra à la masure. Les innombrables requêtes du 789ème Ordre, comme espérées, l’avaient maintenu occupée toute la journée et surtout permis d’exprimer toute la palette de ses talents. En récompense de ses efforts, elle ramenait dans sa besace quelques babioles qui pourraient intéresser son mentor.
  Mais sa bonne humeur fut rapidement douchée à son arrivée par la mine sombre de l’érudit qui finissait de préparer le dîner. Malgré tout son savoir, il ne progressait pas et s’en excusa humblement au moment de passer à table.
  Ils parlèrent peu ce soir-là. Au cours du repas la barde faillit avouer ce qu’elle lui cachait toujours mais, inexplicablement, elle se ravisa au dernier moment. Une fois la table débarrassée, elle sortit ce qu’elle avait gagné durant la journée. Il montra un intérêt polis envers les différents objets exposés et en isola deux qui semblaient mériter un examen plus approfondi lui demandant si elle pouvait les lui laisser, ce qu’elle accepta de bon cœur. Cette distraction ne suffit pas à modifier l’humeur un peu maussade de son mentor qui s’en excusa une dernière fois avant de regagner sa couche. Ne voyant pas quoi faire d’autre, elle l’imita peu de temps après.

  La nuit se passa sans histoire et ils se retrouvèrent pas plus avancé que la veille au petit déjeuner du troisième matin.
— Je suppose que cette nuit tu as bien dormi ? questionna sans préambule le vieil Hyur.
— Oui, parfaitement, répondit la Miqo’te. Je… n’ai rien de nouveau à vous apprrrendre. Sa brève hésitation, à son grand soulagement, ne provoqua aucune réaction de la part de son interlocuteur.
— Pourrais-tu m’aider dans mes recherches aujourd’hui ? J’aurais besoin d’un œil neuf, la pria-t-il entre deux gorgées de thé.
— Heu… Oui, sans problème. Elle avait bien prévu de passer au Camp du Gué, mais que son mentor lui demande de l’aider était totalement nouveau. Et la curiosité de parcourir certain de ces vieux ouvrages qu’elle n’avait jamais osé toucher était forte.
— Bien, finissons d’abord de manger, nous avons une longue journée devant nous.
Kat’Lyn acquiesça et reprit un fruit dans la corbeille. Elle pressentait que ça allait être intéressant.

  Pendant plusieurs heures ils reprirent donc ensemble point par point tous les éléments des deux rêves de la barde que l’érudit avait fidèlement retranscrit. Ils cherchèrent des corrélations dans tous les ouvrages qu’ils avaient à leur disposition. Mais sans plus de succès.
— Non, décidément, rien ne correspond, se lamenta-t-il.
  Elle devait reconnaître qu’aucune descriptions passées ou présentes se rapprochaient un tant soit peu de ce qu’elle avait rêvé. Mais elle n’en démordait pas, ces lieux devaient bien exister quelque part !
  Remettant en place un vieil atlas d’Eorzea, la Miqot’e découvrit un petit carnet en cuir et une vieille bourse au fond de la bibliothèque. Elle regarda de plus près la couverture craquelée qui n’avait pas été entretenue depuis bien longtemps.
— L’Ether et le Multivers, lut-elle à haute voix. Qui est ce Derrrwin Corwell ? Sans attendre la réponse, elle avait déjà ouvert le carnet et commençait à essayer de déchiffrer l’écriture manuscrite en pattes de mouches qui en noircissait les pages.
— Grmbl ! C’est moi. Je pensais l’avoir jeté, répondit-il de mauvaise grâce. C’est une thèse sur laquelle je travaillais du temps où j’étudiais à l’Université de Sharlayan.
— Vous avez étudié à l’Université Sharlayan ? s’exclama-t-elle. Vous ne m’en avez jamais parrrlé, pourquoi ?
Derwin la regarda longuement avant de répondre. C’était bien la première fois où la barde le voyait hésitant à ce point.
— Cette thèse a été la cause de mon départ, avoua-t-il finalement. Son propos bousculait certains faits établis à l’époque, et je n’avais rien pour l’étayer. En ce temps-là les doyens accordaient peu de crédits aux thèses qui ne s’appuyaient pas sur des bases solides. Ils ne laissaient aucune place à l’approximation ni à la fantaisie. À la fin, seule Montoya osait encore me soutenir. Mais je voyais que mon entêtement risquait aussi de lui porter préjudice alors je suis parti.
  Il replaça le volume qu’il avait en main à la suite des autres sur l’étagère devant lui avant de reprendre.
— Je n’aime pas revenir sur cette période de mon passé et, à vrai dire, j’avais réussi à l’oublier jusqu’à aujourd’hui. Le visage du vieil Hyur s’assombrit et son regard se perdit dans le vague.
— Mais, en gros, quelle est cette thèse ? Revint à la charge la Miqot’e tandis qu’elle ouvrait la bourse et faisait tomber son contenu dans sa main : un étrange éclat de cristal.
— Grmbl ! Il existerait une multitude de mondes parallèles au nôtre, bien plus que le faible nombre officiellement admis, et, à travers l’éther, une intercommunication entre eux serait possible, grommelât-il.
— Effectivement c’est assez osé, reconnut-elle. Et le cristal, est-il lié à la thèse ? Je le trouve pourrrtant assez concret.
  Ce dernier reposait dans sa paume et semblait absorber la lumière l’entourant. A mesure qu’elle l’observait, un souvenir lointain lui revint en mémoire.
— Le cristal ? Quel cristal ? L’érudit fixait avec étonnement la main de sa disciple. Ah ! Je l’avais oublié aussi celui-là. Je n’en sais trop rien. Il m’a été vendu par un marchant Qiqirn qui prétendait l’avoir trouvé par hasard dans un temple très ancien, quelque part dans le désert de Sagoli.
— Un temple très ancien, dans le désert de Sagoli… La grimace de la Miqot’e n’échappa pas au vieil Hyur.
— Qu’y a-t-il ? Cela te rappelle quelque chose ? Il était intrigué.
— Je ne sais pas trop, je crrrois avoir entendu quelque chose dans une taverne, une fois, mentit-elle.
  Elle vit au regard blessé de son mentor qu’il s’en était aperçu.
— Hum, soit. Tout en parlant il se remit à fouiller dans sa bibliothèque. J’avais fait des recherches à l’époque, et découvert grâce aux indications de ce marchant que le temple en question appartenait à une civilisation très ancienne et assez mystérieuse. Elle n’a laissé que très peu de témoignages de son passage. D’ailleurs le plus étrange à son sujet, c’est que son histoire s’arrête brutalement, et cette énigme agaçait particulièrement tous les historiens que j’ai pu interroger.
  Kat’Lyn n’écoutait que d’une oreille ce que lui disait Derwin. Elle fixait à nouveau cet étrange éclat dans sa main. Un profond malaise naquit en elle au moment où une lueur commença à en irradier faiblement.
— Ah ! Je savais bien qu’il se trouvait par là. Il brandit un petit livre assez fin et se mis sans attendre à en parcourir le contenu.
— Oui, oui. On suppose que cette civilisation était très portée sur les arts occulte et la divination. Ce qui nous permet de l’affirmer ce sont les divers pentacles et les quelques sphères en cristal que l’on a pu trouver dans les rares temples que l’on a découverts.
— Des pentacles, des sphèrrres…
  La Miqo’te, palissant de plus en plus, n’arrivait plus à détacher son regard de l’éclat qui semblait à présent pulser dans sa main au rythme de son propre cœur. Son esprit commençait à s’engourdir, focalisé sur une seule pensée.
  Inconscient de la situation, le vieil Hyur continuait sa lecture.
— Voilà qui est intéressant, les sphères que l’on a pu retrouver n’était pas toutes du même matériau. Ce qui laisse supposer qu’elles n’avaient pas la même fonction dans les cérémonies. Il y avait une liste quelque part… Il feuilleta rapidement l’ouvrage. Ah ! Voyons cela… On en a trouvé en mica, en quartz, en différents béryls comme l’aigue-marine, l’émeraude ou l’héliodore…
— Héliodore ! À l’instant où elle s’écria, une décharge d’énergie secoua violemment Kat’Lyn qui s’effondra ensuite au sol devant Derwin médusé.
  Il prit le temps de ramasser, non sans crainte, l’éclat de cristal qui avait roulé jusqu’à ses pieds. Revenu à son état initial, l’érudit le glissa dans une poche avant de s’empresser de s’occuper de la jeune archère, toujours inconsciente.




  Dominant la ville, elle regarde la plaine qui s’étend au loin. Plaine inhospitalière qu’elle a traversée pour rejoindre les portes de la citée de la Tour Blanche. Cette citée, millénaire, construite sur une colline et qui s’enroule sur plusieurs niveaux autour d’un impressionnant éperon rocheux, au sommet duquel se dresse la fabuleuse tour qui donne son nom à l’ensemble.
  Elle repense aux sept niveaux, au temps qu’il lui a fallu pour tous les gravir, depuis l’entrée de la citée jusqu’à l’endroit où elle se tient, au crépuscule de cette journée.
Son regard se perd à nouveau sur cette plaine, il erre jusqu’à la sinistre chaîne montagneuse qui en barre l’horizon. Elle frémit en songeant à la lourde menace qui s’apprête à déferler de là-bas.
— Il semblerait que je sois arrivée au bout du chemin, soupire-t-elle.
  Son périple l’a conduit jusqu’ici, en cet instant. La providence a vraisemblablement voulu qu’elle participe à la grande bataille qui se prépare, et veillé à ce qu’elle soit à l’heure au rendez-vous.
— On ne peut pas dire qu’il a été de tout repos. Elle grimace, repensant aux épreuves qu’elle a traversées.
  Un coup de vent lui ébouriffe les cheveux et fait claquer sa cape sur les jambes. Elle rajuste la sangle de son théorbe qui commençait à glisser de son épaule.
— La nuit s’annonce fraîche, je devrais rentrer. Elle remonte le col de sa tunique et prend la direction des niveaux inférieurs de la citée.
  Arrivant devant l’arbre de couleur ivoire planté dans la Cour de la Fontaine, elle s’arrête un instant pour le contempler.
— Je me demande s’il est vraiment mort. En tout cas il semble très important pour que sa conservation requiert autant d’attentions. Après un dernier regard, elle reprend son chemin.
  Franchissant les portes du sixième niveau elle décide subitement de se rendre aux Maisons de Guérison devant lesquelles elle est passée tantôt.
— Cette migraine est vraiment forte, je devrais pouvoir trouver quelque chose là-bas pour l’apaiser. Portant la main à sa tête elle serre les dents et presse le pas.
— Sûrement une conséquence de ses mésaventures récentes ; ce serait moins pénible si elles ne survenaient et ne disparaissaient pas inexplicablement, pense-t-elle. Et celle qui lui martèle les tempes depuis son arrivée au pied de la Tour Blanche semble vouloir la tourmenter toute la nuit.
— Si ce mal de tête m’empêche de dormir, au moins je ne ferais pas de rêves bizarres.
  Récemment, un rêve très étrange l’avait marqué au point qu’elle s’en souvenait encore, avec précision.
— Une femme à tête de chat, je me demande bien où je suis allé pêcher ça ? Et ce bâtiment gigantesque tout en cristal, je ne suis pourtant pas un Nain pour rêver de choses pareilles ! s’exclame-t-elle, faisant se retourner quelques passants qui la regarde avec étonnement.
  Rougissant légèrement, elle s’excuse de son éclat de voix et presse une nouvelle fois le pas. Elle sent l’étau autour de son crâne se resserrer un peu plus.
  Finalement, elle arrive à destination et se précipite aux portes de la Maison de Guérison la plus proche tant la douleur est insupportable. Dans le vestibule, à travers le voile rouge qui tombe sur ses yeux, elle aperçoit une guérisseuse et se dirige en titubant vers elle. Elle a juste le temps de la rejoindre avant de s’effondrer sans connaissance dans ses bras.


Dernière édition par Héliodore le Jeu 30 Nov 2017 - 21:27, édité 1 fois (Raison : Disclaimer add)
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Kat'Lyn   Jeu 30 Nov 2017 - 21:07

Derwin fit un peu de rangement sur la petite table qu’il avait approchée du lit. Il constata avec soulagement que l’état de Kat’Lyn s’améliorait. Il avait été choqué lorsqu’il avait dû la porter sans connaissance jusqu’au lit, inquiet quand elle s’était mise à délirer et vraiment horrifié au moment où elle avait cessé de respirer. Il lui avait fallu faire appel à tout son art pour la soigner et les difficultés qu’il rencontra le laissait encore perplexe. Il regarda ce maudit éclat de cristal posé sur le front trempé de la Miqot’e.
  Après une brève hésitation il le prit et observa avec soulagement le rythme de la respiration de sa disciple rester régulier. Il le rangea vivement dans la bourse de cuir d’où il était sorti tantôt et posa le tout sur son bureau avant de revenir au chevet de sa patiente endormie. Il repensa à la folle intuition qu’il avait eut de poser l’éclat sur le front de Kat’Lyn qui ne donnait toujours plus aucun signes de vie. L’éclat l’avait inexplicablement ressuscitée. Pourquoi diable ses compétences à lui n’avaient-elles eu aucun effet ?
— Grmbl ! Qu’est-ce que cela cache, ça ? Maugréa-t-il. J’aurais dû étudier plus profondément ce cristal. S’il est capable de telles idioties, je dois comprendre ce qu’il s’est passé pour éviter que cela ne se reproduise.
  Il épongea une nouvelle fois la sueur qui perlait au front de la Miqot’e, contrôla une dernière fois sa respiration et, rassuré, se rendit à la cuisine préparer de quoi aider sa patiente, après une telle épreuve, à reconstituer ses forces à son réveil.
  Pendant qu’il s’affairait, il repensa au regard qu’elle avait eu, juste après qu’il eut réussit à la ramener, avant qu’elle ne sombre cette fois dans un profond sommeil. Un regard qu’il ne s’attendait pas trouver chez la jeune archère.
— Je pensais bien que tu me cachais quelque chose, mais je ne soupçonnais pas que cela pouvait être si profond. Il reposa le pot d’épices qu’il tenait toujours en l’air et ajouta l’ingrédient suivant de la recette dans sa marmite.
  Une fois le reconstituant prêt et réservé au chaud, il commença à rassembler les documents qu’il savait désormais inutiles, et mit de côté ceux qu’il pensait pouvoir l’être au réveil de Kat’Lyn.


  Elle émergea en fin d’après midi et réclama de quoi manger. Il ne se fit pas prier pour la satisfaire avec ce qu’il avait préparé.
  A peine terminé son repas, elle ne mit pas longtemps à se rendormir profondément. Elle avait bien froncé le nez en mangeant, mais n’avait fait aucun commentaires. Il faut dire que l’assaisonnement” de la préparation serait facilement venu à bout d’une troupe de Roegadyns surexcités. Il estimait qu’elle avait encore besoin d’une bonne nuit de repos.
  Constatant qu’il en restait un peu, il s’autorisa à terminer la marmite avant d’aller s’allonger à son tour sur sa couche, s’octroyant également un repos bien mérité – Faut pas gâcher !


  Au réveil de Kat’Lyn le lendemain, un solide petit déjeuner l’attendait dans la cuisine. Elle se sentait en pleine forme et avait très faim, au grand plaisir de son mentor. Ils se restaurèrent en échangeant des banalités. Chacun semblait hésiter à revenir sur ce qui s’était passé la veille.
  Finalement, Derwin au détour de la conversation demanda innocemment :
— Kat’Lyn, qui est Lynnd’Ah ?
  Elle devint livide, un instant le vieil Hyur craignit qu’elle ne s’évanouisse à nouveau. Mais la réaction violente de la jeune archère qui survint ensuite le prit totalement au dépourvu.
— Vous ! Vous m’aviez pourrrtant promis ! Vous n’avez pas pu vous en empêcher, c’était plus forrrt que vous, hein ? Comment l’avez-vous découverrrt, cela ne peut pas venirrr de moi ?
  Furieuse, se sentant trahi, elle s’était levée d’un bon, projetant sa chaise au loin. Sur la pointe des pieds, mains tendues, queue hérissée et les oreilles couchées, elle regrettait amèrement à cet instant la manucure de la veille, car elle était prête à bondir et à lacérer de ses griffes le visage, déjà bien marqué par le temps, de ce vieillard insolent qui lui avait pourtant promis de ne jamais enquêter sans son accord sur son passé. Ce passé et son lourd secret. En un instant, il en avait ravivé la cuisante douleur.
  Derwin se leva à son tour et tenta de calmer sa feulante disciple.
— Je t’en prie, Kat’lyn, calme-toi ! Hier, tu délirais et n’arrêtais pas d’appeler cette Lynnd’Ah...
  Soudainement, il fit le rapprochement.
— J’ai respecté ton souhait, enfin… en grande partie, je l’avoue… mais je ne suis pas allé très loin, essaya-t-il de plaider. Mets-toi à ma place : une Miqot’e issue de la tribu du Soleil, élevée en Sombrelinceul par la tribu de la Lune, j’étais curieux…
— Vous et votre currriosité… crachat la Miqot’e. Si vous l’étiez vraiment, vous parrrcoureriez Eorrrzea en tous sens plutôt que de vous terrrrer ici, au-milieu de vos livres, à attendre que l’on veuille bien vous rrraporter ce qu’il se passe dehors.
  Ce fut au tour de l’érudit de se sentir blessé, mais il n’entra pas dans le jeu de l’archère qui ne faisait qu’exprimer, il le savait à présent, une profonde douleur.
— Tu es injuste envers mon vieux corps qui n’a plus la jeunesse du tien. Je te suis extrêmement reconnaissant de bien vouloir me faire part de tes expériences, car je n’en suis plus capable, à mon grand regret. Et ma mémoire n’étant plus aussi agile que la tienne, tous les ouvrages autour de toi m’aident à y mettre bon ordre.
  Profitant du silence glacial de la jeune archère, il se dépêcha d’ajouter :
— Je t’assure, je n’ai rien appris sur la véritable raison de ta venue en Sombrelinceul et n’ai pas insisté, attendant que tu veuilles bien te confier à moi un jour.
  Il tenta un timide sourire et ouvrit les mains en signe d’apaisement.
  Elle le foudroya du regard sans desserrer les mâchoires, sa posture se détendit légèrement, mais sa queue fouettait toujours violemment l’air dans son dos. Il souffla intérieurement et tenta quelque chose.
— Faisons un échange, je vais te révéler quelque chose que tu cherches à savoir depuis un bon moment déjà sur ma maison. En retour, j’aimerais que tu me racontes l’histoire de cette Lynnd’Ah.


  La Miqot’e sonda les yeux de son mentor à la recherche d’une quelconque malice. Il avait adopté un visage affable, les mains toujours ouvertes, attendant patiemment sa réponse. Elle garda le silence. Elle était loin de trouver cet échange équitable et les mouvements de sa queue indiquaient clairement son désaccord.
  Derwin poussa un soupir, admettant qu’il avait été plutôt pingre avec sa proposition. Il réfléchit un instant et fit une nouvelle offre :
— Et si je te révélais la plus grande peur de Montoya…
  Il vit aussitôt au changement de rythme de la queue de Kat’Lyn qu’il avait trouvé une bonne monnaie d’échange. Cette dernière ferma à demi les yeux et sembla réfléchir intensément. Il sourit intérieurement et tenta de détacher son regard du balancement, quasi hypnotique, de l’appendice caudal maintenant recourbé de la jeune archère.
— Les deux vôtres contrrre le mien, ronronna-t-elle finalement.
— Ouch ! Tu es vraiment dure en affaire ! Mais c’est d’accord. Et pour te prouver ma bonne foi je vais commencer par le secret de ma maison, suis-moi. Il l’emmena dans le bureau où il lui montra un objet posé sur la table.
— Ce dispositif Alagois permet de maintenir une hygrométrie constante chez moi et accessoirement de tenir à distance toutes poussières et autres moisissures.
— Quoi, ce vieux cendrier ? s’étonna Kat’lyn.
— Ah oui tiens, c’est vrai qu’il ressemble à un cendrier. Bon, j’avoue avoir la mauvaise habitude de déposer toutes sorte de petits objets ainsi que ma pipe dedans. Cela m’épargne de la vider moi-même d’ailleurs, s’esclaffa-t-il.
  La jeune femme regarda l’objet de plus près. Dire que la solution avait toujours été sous ses yeux… “Ne jamais se fier aux apparences” lui répétait-il souvent. Quel parfait exemple ! Elle se sentait un peu bête de n’avoir su appliquer le précepte à ce cas précis. Des pouffements étouffés dans son dos, traduisant l’hilarité de son mentor, augmentèrent son inconfort mais, avec le peu de fierté qu’il lui restait, elle se redressa.
— J’aurais bien fini par trouver toute seule !
— Oui, cela ne fait aucun doute, répondit-il. Des larmes coulaient encore sur ses joues qu’il essuya rapidement.
— Et au sujet de la plus grande peur de Montoya ? Kat’lyn voulait oublier ce cuisant échec en passant à autre chose. Il lui fit signe de se rapprocher.
— Je n’aimerais pas que des oreilles indiscrètes puissent apprendre ce que je vais te dire.
Le souffle de l’érudit chatouilla l’oreille de la Miqot’e qui s’agita un peu et ses yeux s’agrandirent à mesure que le secret inavouable de Montoya lui était révélé.
— Non ! Vous êtes sérieux, là ? À son tour la jeune archère peinait à maîtriser l’hilarité qui montait en elle.
— On ne peut plus.
— Et c’est pour ça que… ?
— Oui ! Et j’avoue ne pas être très fier de moi. À l’époque j’étais assez immature et ne mesurais pas du tout les conséquences que pourraient avoir cet acte anodin. J’aurais pu être tout bonnement renvoyé si on m’avait attrapé. Et elle aurait très bien pu me le faire payer de multiples façons, mais elle n’en a jamais rien fait, preuve de sa grande maturité malgré nos jeunes âges à l’époque. Ce fut une grande leçon pour moi et bizarrement le début d’une puissante amitié entre nous deux.
  Le visage espiègle de son mentor au souvenir de cette époque redevint grave.
— Je te préviens, jeune fille, que si jamais elle apprend que tu es au courant, ta peau ne vaudra plus grand-chose une fois qu’elle s’en sera occupée. La mienne également, car je serai la première personne qu’elle viendra interroger ensuite.
  Kat’Lyn s’abstint de tout commentaire, elle avait tout de même mal au ventre à force de contenir son rire.
— Bon, j’ai respecté ma part du marché, c’est maintenant à ton tour. Croisant les bras, Derwin attendit patiemment que sa disciple s’exécute. Cette simple phrase fit l’effet d’une douche froide à cette dernière qui retrouva immédiatement son sérieux.
— Pouvez-vous nous préparer du thé ? Je pense que nous allons en avoirrr besoin, finit-elle par demander.
— Bien sûr, je vais également sortir quelques petites choses à manger. Après un clin d’œil, il s’occupa de la collation pendant que la Miqot’e prenait place à la grande table, rassemblant ses souvenirs et son courage.
  Deux tasses d’un thé très parfumé furent bientôt servies, accompagnées d’un assortiment d’appétissants biscuits. Elle savait que son mentor ne lui permettrait pas de se dédire de son engagement. Elle était dos au mur et prit le temps d’apprécier le délicat breuvage et un des biscuits avant de se jeter à l’eau.
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Kat'Lyn   Jeu 30 Nov 2017 - 21:16

— Ma sœur jumelle Lynnd’Ah et moi sommes nées dans une caravane marrrchande qui sillonnait tout le Thanalan, quelque part entre Ulda’h et Ala Mhigo il me semble.
— Tu avais une sœur jumelle qui s’appelait Lynnd’Ah ? Fidèle à son habitude il notait scrupuleusement tout ce que lui rapportait Kat’lyn.
— Oui, et je me prénommais Katty’Ah à cette époque. Nos parents très endettés avaient dû fuir leurrr échoppe à Uldah avant notre naissance et espéraient se faire oublier dans cette vie d’errance. Cela ne fut pas une décision facile à prendre je pense, car la grossesse de notre mère était déjà bien avancée.
— Comment as-tu appris cela ? l’interrompit-il à nouveau.
— J’ai fait mon enquête, et si vous continuez à m’interrrrompre sans cesse, je vous laisse sur votre faim ! Le ton qu’elle employa signifiait clairement à son auditeur que, sous la cendre, le feu couvait toujours.
— Pardonne-moi, je t’en prie, continue. Derwin joignit le geste à la parole.
  Après un soupir, elle poursuivit son récit.
— Nous avons grandi au sein de cette caravane et tous ses membres participaient naturellement à notre éducation. Nous avons appris rapidement à nous débrouiller et faisions tout à deux. Nous étions très fusionnelles et savions intuitivement ce que pensait l’autre. Cela déroutait d’ailleurs un peu les adultes quand l’une se mettait à terrrminer les phrases de l’autre. Nous, ça nous amusait énormément.
— La vie n’était pas un peu difficile pour vous ? Il porta immédiatement la main à sa bouche, ses mauvaises habitudes difficiles à refréner.
  Une nouvelle fois elle manifesta sa désapprobation d’un regard assassin. Elle se promit de lui jeter son service à thé à la figure à la prochaine interruption.
— Un peu, mais, n’en connaissant pas d’autre, nous pensions que c’était normal. Bien sûr lors de nos haltes dans les villages et autres citées nous voyions bien que les gens vivaient mieux que nous. Mais nous trouvions que d’avoir la possibilité de se réveiller chaque matin dans un lieu différrrent était bien plus amusant.
— Ah, l’innocence de la jeunesse…
  Elle ferma les yeux un instant, mais ne mit pas sa menace à exécution, sachant qu’il lui faudrait en finir, quoi qu’il lui en coûte.
— Innocentes… Nous ne savions pas alors à quel point notre vie pouvait basculer facilement. Nous n’ignorions pas qu’elle pouvait être parfois dangereuse. Les adultes savaient se battre et nous avaient inculqués très jeunes les règles de base à notre style de vie. Des aventuriers étaient régulièrement engagés pour nous escorrrter dans les régions le nécessitant. Je me souviens de quelques heurts mais rien de bien méchant. Pour ma sœur et moi, ces moments étaient bénis, car ces étrangers nous apportaient des nouvelles d’au-delà du Thanalan. Le soir, lors des bivouacs, ils nous racontaient les histoires extraordinaires de leur vie d’aventurier. Et surtout, parfois, certains acceptaient de partager un peu de leur arrrt en nous entraînant et ainsi améliorer le niveau moyen du groupe.
— Ah ? Intéressant ça, dans quels domaines ?
— Surtout au maniement des armes simples : épées, lances, arcs… Un vieux Lalafell m’apprit un jour à me servir efficacement d’une dague, ce qui me permis plus tard de fairrre clairement comprendre à une peiste que je n’étais pas du tout comestible.
  Derwin sourit en imaginant sa disciple.
— Et la magie ?
— Notre caravane ne roulait pas sur l’or, il nous était financièrement difficile d’engager des mages combattants puissants. Ceux qui finalement acceptaient de nous suivre étaient soit débutants, soit protégeaient jalousement leur savoirrr. Dans les deux cas nous ne leur inspirions que mépris car incultes à leurs yeux.
— Hum, c’est vraiment dommage. Le vieil Hyur semblait dégoutté.
— Bah ! Peu d’entre nous ne comprenait vraiment l’Ether, et notre mode de vie nomade ne facilitant pas l’apprentissage, le miroir était difficile à brrriser. Le miroir… quelle ironie, si nous avions sut à l’époque, les choses se seraient passées différemment.
  Le regard dans le vague, Kat’Lyn remuait doucement le contenu de la tasse que venait de remplir à nouveau son mentor. Derwin se doutait que ce qu’elle s’apprêtait à lui dévoiler était très douloureux, et semblait la ronger de l’intérieur. Il ne pouvait l’y forcer, bien que la curiosité le dévorait. Elle finit par fixer son regard dans le sien, et la résolution qu’il y lut lui fit retenir son souffle.
— Nous étions dans le désert de Sagoli, en pleine tempête de sable. Nous n’aurions pas dû nous aventurer dans cette partie du désert en cette saison. Une mauvaise rencontre nous avait contraints à rester beaucoup trrrop longtemps dans la dernière petite oasis rencontrée, le temps de réparer le matériel et soigner les hommes. Le mage qui nous accompagnait jusqu’alors en avait profité pour nous abandonner, arguant qu’il avait mieux à faire que d’attendre que l’on veuille bien repartirrr.
— Hum, curieuse réaction de sa part. Je veux bien croire que certain mages se comportent en imbéciles parfois, mais ils sont rarement suicidaires.
  Un mince sourire accueilli la remarque.
— Sa présence avait rendu les adultes nerveux, car notre itinéraire l’avait un peu trop intéressé à leur goût, et il n’avait fait aucun effort pour s’intégrer au groupe pendant le voyage. Son déparrrt avait finalement soulagé tout le monde.
— L’avez-vous revu ?
— Non, et les adultes nous avaient bien fait comprendre, à nous les plus jeunes, quelle folie ce départ solitaire avait été de sa part. Le déserrrt est impitoyable pour les imprudents.
— Ou les imbéciles qui cherchent à dissimuler leur véritable objectif, et dont l’aveuglement fait perdre tout sens commun, commenta Derwin. Il était dépité par tant de bêtise de la part d’une personne sensée justement l’être – sensée.
— Nous ne le saurons probablement jamais. Je vais finirrr par perdre le fil si vous vous obstinez ! Où en était-ai-je ? le gourmanda-t-elle. L’érudit relit le dernier passage qu’il venait de coucher sur le papier.
— Hum, la tempête de sable. Tu vois que c’est une bonne chose de tout mettre par écrit. Cela permet de garder une trace du moindre fait, important ou non. Le clin d’œil appuyé qu’il lui fit la troubla : une pensée incongrue avait surgie dans son esprit qu’elle chassa rapidement avant de poursuivre.
— Heu… Si vous le dite… Oui, la tempête de sable. Elle survint alors que nous nous dirigions vers le défilé que nous devions emprunter sur notre itinéraire. Les vents et sables tourbillonnants nous firent dévier de notre route si bien que nous nous trouvâmes bientôt face à la muraille, sans savoir de quel côté il se situait. Plusieurs heures nous le cherrrchâmes à tâtons sans succès. Finalement, nous découvrîmes dans un repli de la roche l’entrée d’une caverne suffisamment large et profonde pour que toute la caravane puisse s’y abriter.
— C’est ce que l’on appelle avoir de la chance !
— Oui, les bêtes comme les hommes étaient à bout de force. La découverte de cette caverne nous a donc tous soulagés, mais ce qu’elle renferrrmait nous a surpris encore plus.
  Kat’Lyn, buvant une gorgée de thé, constata que son auditoire était suspendu à ses lèvres et attendait fébrilement la suite.
— Le fond de la caverne était aménagé en une sorte de temple très ancien qui semblait à l’abandon depuis très, très longtemps. Avant de relâcher les plus jeunes, qui n’en pouvaient plus de rester cloîtrés dans les chariots, les adultes firent une inspection rapide du temple et balisèrent les zones dangereuses. Ils commencèrrrent ensuite à préparer un bivouac, attendant que la tempête se calme. Pendant ce temps, nous explorions à notre tour les lieux.
  Elle sourit en se remémorant la découverte du temple à travers ses yeux d’enfant.
— Imaginez un peu, deux jeunes Miqot’es pleine d’énergie et pas du tout impressionnées, lâchées dans cet univers inconnu et mystérieux. Nous n’espérions qu’une chose, ma sœurrr et moi : que les adultes oublient de nous appeler pour le dîner.
— Il ne faisait pas trop sombre dans la caverne ? Toujours l’esprit pratique, l’érudit aimait s’attacher aux détails. Elle réfléchit un instant.
— Une certaine clarté était présente, il devait y avoir des ouvertures dans les parois qui laissaient passer la lumière. Les adultes avaient néanmoins installé des braseros autour du bivouac et utilisé plusieurs vasques du temple pour que cela soit plus conforrrtable. Et ils nous avaient fait promettre de ne pas nous éloigner des zones éclairées. Bien sûr que croyez-vous que nous avons fait, Lynnda’h et moi ?
— Vous avez exploré tous les recoins sombres du temple ? Questionna-t-il innocemment en prenant un biscuit.
— Évidement ! Dès que nous vîmes que nos parents ne faisaient plus attention à nous, nous fonçâmes directement vers l’autel que les adultes nous avaient formellement interdit d’approcher car trop dangereux. Ils n’avaient pas torrrt : une partie de la maçonnerie du plafond était tombée, ainsi que deux colonnes de soutènement. L’une d’elle, en basculant, avait emporté une partie des bas-reliefs ornant le mur derrière l’autel et s’appuyait à présent sur sa voisine qui montrait des signes évidents de faiblesse. Mais le plus excitant était quelle masquait en partie une ouverture dans la paroi qui n’attendait qu’à être explorrrée.
— J’imagine que vous êtes entrée toutes les deux, malgré le danger ? Tous les enfants son pareil, le danger est une chose top abstraite, ajouta-t-il pour lui-même.
— La curiosité a été la plus forte, un seul regard suffit pour savoir que l’autre mourrait de la même d’envie de voir ce qu’il y avait de l’autre côté. Alors nous nous sommes faufilées dans l’ouverrrture.
— Qu’avez-vous trouvé ?
— Un long couloir, et au bout une pièce étrange, entièrement recouverte d’autres bas-reliefs. Le plafond était supporté par encore quatre colonnes ouvragées, les morceaux d’une cinquième étaient éparpillés sur le sol. Sur le mur opposé à nous, une porte monumentale en pierre ressorrrtait des sculptures. Un autel, plus petit que le premier à l’entrée du temple, trônait au centre de la pièce.
— Elle était éclairée ?
— Une lumière verdâtre était diffusée par de gros globes fixés aux colonnes et aux murs. Certains globes restaient sombre, d’autres semblaient hésiter constamment entre les deux états. Le tout générait de curieuses ombres sur les murs et accentuait l’étrangeté du sol. Dans le pavage, de grandes formes géométriques ressorrrtaient : des triangles, des cercles, des étoiles. Tous tracés à partir ou autours des colonnes ouvragées et de l’autel. À notre âge, nous ne comprenions pas ce que ces formes signifiaient, que tous les gribouillis les accompagnants n’étaient pas d’innocentes décorations. Aucun adulte n’était alors présent pour nous avertirrr que nous marchions sur des pentacles et autres cercles magiques qu’un maître de l’art avait fait tracer pour quelque ancien rite obscur.
  Derwin frémit en l’écoutant, mais la laissa continuer.
— Il ne nous fallut pas longtemps pour découvrir une sorte d’armoire dans un des murs. Les panneaux de bois gravés qui devaient la dissimuler aux regards avaient très mal supporrrté les ravages du temps, ils tombèrent en morceaux lorsqu’on les ouvrit. Et derrière, nous découvrîmes le trésor du temple.
— Le trésor du temple ? Le vieil Hyur haussa les sourcils d’étonnement.
— Pour ma sœur et moi, c’était un vrai trésor. Des dizaines de sphères de toutes les couleurs étaient rangées sur les étagères en bois. Malheureusement, le temps n’avait pas plus épargné les étagèrrres : elles n’attendaient que la venue de deux petites curieuses fouillant partout pour céder, et libérer leur précieux chargement. Dans un bruit d’enfer nombre d’entre elles tombèrent au sol et roulèrent dans toutes les directions. Certaines même se brisèrrrent en une multitude de petits morceaux cristallins.
— Aïe, aïe, aïe, quel dommage !
  Kat’Lyn se demanda à qui ou quoi s’adressait cette remarque.
— Nous les rassemblèrent rapidement et attendîmes, terrorisées, la venue des adultes qui avaient sûrement entendu tout ce vacarme. Mais finalement personne ne vint et, soulagées, nous reprîmes notre exploration. Linnd’Ah remarqua alors d’étranges supporrrts sur les colonnes et d’autres sur l’autel, tous recouverts de poussière brillante. Après avoir nettoyé un support des débris qui l’encombrait, j’eus l’idée d’y poser la sphère que j’avais dans les bras. À notre grande surprise, nous constatâmes qu’elle s’adaptait parfaitement. Je ne me souviens plus qui de nous deux le proposa à l’autre, mais le jeu de celle qui mettrait le plus de sphèrrres en place sur leurs supports fut inventé et il nous amusa énormément.
  La Miqot’e vit les sourcils de son mentor cette fois se froncer d’inquiétude.
— Que s’est-il passé alors ? Je n’en ai pas la moindre idée, mais tout d’un coup l’une des sphères que l’on venait de placer se mit à luire. C’était tout nouveau, et a monté d’un cran supplémentaire notre excitation. Nous modifiâmes alors le jeu et cherrrchâmes, ensemble cette fois, la bonne combinaison pour qu’elle le soit toutes en même temps. Après bien des efforts nous réussîmes, bien que certaines luisaient un peu bizarrement. Obstinées, nous n’avions pas restreint notre choix aux seules sphères intactes. Nous espérrrions qu’ensuite quelque chose de spécial se produise mais, il ne se passa rien de plus.
  Derwin reprit sa respiration bruyamment. Si l’histoire n’était pas si dramatique, elle aurait éprouvé du plaisir à maintenir ainsi en halène son auditeur.
— Imaginez notre déception, à la mesure de notre excitation. Nous nous étions démenées comme de petites diablesses pour finalement n’avoir que de bêtes lampions multicolores supplémentaires. Épuisées, nous nous assîmes dos contre l’autel, et je crrrois bien que je me suis endormie.
Kat’Lyn laissa le vieil Hyur finir d’écrire avant d’aborder la partie la plus douloureuse de son récit. Elle reprit un biscuit et n’en compta plus que deux dans l’assiette.
— Combien de temps dormis-je ? Je ne saurais le dire, un grondement sourd me réveilla en sursaut et je m’aperçus que Lynnd’Ah n’était plus à mes côtés. Paniquée je l’appelai mais, au même instant, un nouveau grondement couvrit ma voix. C’est à ce moment qu’un miroitement attirrra mon regard et me glaça le sang. À la place de la porte en pierre on devinait une autre pièce au travers de l’étrange substance, semblable à l’eau d’un puits, qui en barrait l’entrée. Et ma sœur se tenait juste devant, hésitante, sûrement partagée entre la crainte devant cet étrange phénomène et la curiosité de la pièce de l’autre côté. Je sus au fond de moi que la curiosité allait l’emporrrter et m’élançai pour l’empêcher de commettre cette folie. Au grondement suivant, des morceaux du plafond se détachèrent et c’est de justesse que j’échappai de me faire aplatir dans ma course. Lynnd’Ah ne sembla pas prendre conscience du danger que nous courrions toutes les deux. Je l’appelai à nouveau et enfin elle tourrrna la tête et me regarda courir la rejoindre. Elle me sourit, me fit un signe de la main pour m’inviter à la suivre, et plongea soudainement dans le miroitement.
  Derwin laissa échapper un hoquet de surprise et s’en excusa d’un geste.
— Ce fut la dernière fois que je la vis, l’explosion de lumière qui survint juste après son passage m’aveugla et m’obligea à m’arrêter le temps de retrouver l’usage de mes yeux. Je dus également me boucher les oreilles : un roulement formidable emplissait la pièce, sapant la maçonnerie de plus en plus. C’est un mirrracle si je fus pas blessée par toutes les pierres qui s’écrasèrent autour de moi. Quand le calme revint je ne pus que constater l’ampleur les dégâts, et réalisai avec horreurrr que le passage et la porte avaient disparut. Une partie des pierres qui jonchaient le sol auraient dû en faire partie. Lynnd’Ah, s’était volatilisée et je me retrouvai pour la première fois toute seule, terrifiée.
— Qu’as-tu fait ? Lui demanda-t-il doucement.
— J’ai paniqué. Je pensai un instant remettre les sphères en place, mais les dégâts considérables étaient sans appel : l’autel avait disparrru sous un nouveau pilier qui s’était abattu, et il ne restait que peu de sphères intacte. De désespoir, je me mis alors à marteler violemment ce mur aveugle qui m’avait enlevé ma chère sœurrr, ma moitié, pleurant, criant, suppliant pour qu’elle me revienne.
  Au bord des larmes la Miqot’e revivait avec une rare intensité la perte de sa sœur. Elle prit quelques minutes pour retrouver son calme avant de poursuivre, sous l’œil compatissant de son mentor.
— Les adultes, mes parents en tête, alertés par les grondements répétés qui secouaient tout le temple, s’étaient mis rapidement à notre recherche. Ils finirrrent par me retrouver hagarde, épuisée par mes vains efforts au pied de ce qui était devenu le tombeau de ma sœur.
Elle s’aperçut que sa tasse était vide, encore. Elle corrigea ce problème et en profita pour en faire de même avec celle du vieil Hyur qui la remercia d’un signe de tête.
— Mes souvenirs restent assez flou ensuite. Le départ précipité du temple, le voyage jusqu’à l’Oasis oubliée. Ma raison, fortement ébranlée, et mon profond chagrin me forcèrrrent à garder le lit tout du long. Là, mes parents très inquiets de mon état consultèrent la shamane de l’Oasis et acceptèrent de procéder à un vieux rituel ditde séparation” car mon âme, toujours liée à celle de ma sœur, souffrait de sa disparition. En fait un moyen de me fairrre oublier jusqu’à son existence.
  Elle vit au regard de son mentor qu’il réprouvait cette méthode et lui en fut muettement reconnaissante.
— Quelque temps après, mes parents m’envoyèrent en Sombrelinceul, « afin de m’offrir une enfance plus heureuse et me tenir éloignée des dangers du désert » qu’ils disaient. Je suppose qu’inconsciemment ils me reprochaient la disparrrition de Lynnd’Ah et souffraient de voir mon incompréhension face à leur douleur. Comment l’aurais-je pu, après ce qu’ils m’avaient fait ? Ce fut à mon tour de souffrir, je trouvais cette séparation injuste. À mon arrivée à Gridania, on me donna le nom de Kat’Lyn. Je pensais à l’époque que c’était une sorte de rite de transition nécessaire pour intégrer la tribu de la Lune. Je m’interrogeais seulement sur la signification de ce Lyn désormais étranger pour moi. Je ne savais pas que celle qui allait devenirrr ma mère adoptive connaissait toute mon histoire. Elle avait tenu à ce que j’adopte ce patronyme pour garder une trace, même infime, de ma sœur.
  Le hochement de tête approbateur du vieil Hyur pendant qu’il continuait d’écrire la conforta dans son sentiment que c’était une bonne chose. Son nom. Elle en comprenait depuis peu le sens, ce qui l’avait rendu très précieux à ses yeux.
— Elle m’éleva donc, et me donna tout l’amour qu’une mère peut donner à une enfant. Elle m’apprit tout ce qu’il me fallait savoirrr sur ce nouvel environnement qui s’offrait à moi, sa beauté et ses dangers. Mais jamais elle ne réussit à remplir totalement cette sensation de vide au fond de mon cœur que longtemps j’attribuais à l’abandon de mes véritables parents.


  Le silence prolongé de Kat’Lyn fit se lever la tête de Derwin. Voyant qu’elle en avait terminé, il reposa sa plume et se massa longuement le poignet. Il voulut reprendre un biscuit, mais constata avec regret que l’assiette était vide et que la jeune archère mastiquait silencieusement le dernier.
— Je suis vraiment navré pour ta sœur. Mais si tu t’en souviens si bien, pourquoi n’es-tu pas venu m’en parler ?
— La shamane avait bien fait son travail : il ne me restait que quelques bribes éparses, noyées dans un épais brouillard de ces évènements. Ils me faisaient l’effet de quelques cauchemars récurrents. Ce n’est que récemment que la mémoire m’est totalement revenue, dans toute son horreur, et que j’ai enquêté afin de répondre aux questions que je me posais. Je suppose que mon lien de plus en plus forrrt avec Hydaelyn, et maintenant avec Midgardsormr ne sont pas étrangers à cette résurgence, dit-elle gravement. Et je ne vois pas pourquoi j’aurais dû vous en parler, c’est Mon passé !
— Il est important de ne jamais garder pour sois ce genre de blessure, la perte d’un proche est une épreuve toujours difficile à surmonter seul. Partager avec quelqu’un cette souffrance permet de l’apaiser un peu. Il n’est jamais bon de vouloir mettre un couvercle dessus et penser qu’elle disparaîtra d’elle-même. Elle ne disparaît jamais, au contraire, elle se met à te ronger lentement de l’intérieur jusqu’à te briser totalement, la sermonna Derwin.
— On dirait que vous parlez d’expérience, ironisa-t-elle.
— Oui, il y a longtemps, et j’aimerai t’éviter cet écueil. Heureusement pour moi, une bonne amie est venue me trouver à temps et m’a aidé à m’en sortir.
— Cette amie, c’était Montoya n’est-ce pas ?
— On ne peut rien te cacher, c’est pourquoi je tiens beaucoup à ce qu’elle le reste. Alors je compte sur toi pour tenir ta langue. Et maintenant, ouste ! J’ai besoin de réfléchir et toi te changer les idées, je ne veux pas te revoir ici avant le déjeuner.


  Surprise de se voir congédiée de la sorte, Kat’Lyn ne perdit pas de temps pour rassembler son matériel et quitter son mentor pour le reste de la matinée. En passant le seuil de la porte elle sentit le poids sur son cœur s’alléger un peu. Sur le sentier, elle essuya une larme et continua son chemin vers le camp du 789ème Ordre. Oui, les Kobolds et leurs requêtes farfelues n’auront aucun mal à lui changer les idées.

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To be Continued... Twisted Evil
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